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Stratégie

Le programme 2026 : la continuité plutôt que les promesses

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Le programme 2026 : la continuité plutôt que les promesses

Janvier appelle les annonces. C'est le mois où les organisations publient des objectifs, dévoilent des ambitions et posent des chiffres sur une année qui n'a pas encore eu lieu. Cet article est notre version de l'exercice, et il décevra quiconque cherche des chiffres audacieux. C'est voulu.

Comment 2025 s'est terminée

Au quatrième trimestre 2025, la fondation a clôturé ses comptes sur 150 000 USD reçus dans l'année. Chacun des cinq piliers était financé, et le programme 2026 était sécurisé. (Comme partout dans ce journal, les chiffres 2025 sont des chiffres de gestion, non encore audités ; nous y revenons à la fin.)

Derrière cette ligne de clôture, il y a une année construite trimestre après trimestre. Au premier, l'antenne française — une association loi 1901 basée à Vielle-Aure — a été enregistrée, rendant les dons possibles depuis deux continents. Au deuxième, les premières planches de semis de la pépinière ont été installées et la première cohorte de formation rémunérée de femmes de Rivera a commencé. Au troisième, la plantation du corridor de faune a relié deux fragments de forêt, et les ateliers culturels ont ouvert dans les villages. Le quatrième a fermé les livres.

Ce que « sécurisé » veut dire

Nous avons choisi le mot avec soin. « Sécurisé » ne veut dire ni expansion ni bond en avant. Cela veut dire continuité : les cinq piliers — restauration écologique ; infrastructures écoresponsables ; art, culture et éducation ; bien-être et vie saine ; médias et rayonnement — entrent en 2026 avec de quoi poursuivre leur travail. Ce qui a commencé en 2025 ne s'arrête pas faute de moyens.

Pour une jeune fondation, c'est la réussite qui compte. Les projets qui reposent sur du vivant et sur la confiance des gens souffrent moins d'un budget modeste que d'une interruption. Une pépinière qui s'arrête perd ses plants. Une cohorte qui s'arrête perd son élan et, pire, sa crédibilité. La continuité est ce qui transforme une première année prometteuse en une pratique.

Ce qui continue

Concrètement, le travail de 2025 se prolonge directement en 2026 :

  • La pépinière continue d'élever des plants natifs dans les planches installées en 2025, pour alimenter les plantations de restauration sur le domaine — dont le versant dont ce journal a montré l'avant/après — chaque plantation étant suivie dans le temps.
  • Le corridor de faune qui a relié deux fragments de forêt continue d'être entretenu, ses plantations suivies saison après saison.
  • Les ateliers continuent : les ateliers culturels ouverts dans les villages, et la démarche des « salles de classe sans murs » qui les accompagne.
  • La formation continue : la cohorte rémunérée de femmes de Rivera poursuit, sur le même principe qu'avant — se former est un travail, et il est payé comme tel.

Autour de ces chantiers, les autres piliers gardent leur cap : la construction en guadua et les systèmes d'eau autonomes du pilier infrastructures, le sport féminin et les tables saines du pilier bien-être, et — à travers ce journal, les récits de terrain et la radio communautaire — le pilier médias qui documente l'ensemble.

Là où iraient normalement les objectifs

C'est l'endroit de l'article où l'on attendrait des chiffres : combien de plants en 2026, combien de mètres carrés de corridor, combien de séances d'atelier, quelle taille pour la prochaine cohorte. Nous n'en publierons aucun.

Non qu'il n'y ait pas de plan — le programme est sécurisé précisément parce que le travail est planifié. Mais la fondation préfère publier des résultats plutôt que des promesses. Un objectif ne coûte rien à imprimer et coûte quelque chose à retirer ; un résultat, photographié et compté après coup, n'a pas besoin d'être retiré. Là où un objectif 2026 figurerait normalement dans cet article, attendez plutôt un article de résultats plus tard dans l'année, une fois la chose réellement advenue.

Les comptes audités

Un engagement pour 2026 mérite, lui, d'être annoncé à l'avance, parce qu'il relève de la reddition de comptes et non de l'ambition. Les chiffres 2025 cités ici et dans tout ce journal — les 150 000 USD, la répartition entre piliers — sont des chiffres de gestion, non encore audités. Les comptes audités seront publiés une fois la revue achevée, et ce journal y renverra sans détour.

C'est, au fond, le programme 2026 en une phrase : tout continuer, promettre peu, et montrer les comptes.

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