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Action sur le terrain

Un versant, avant et après

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Un versant, avant et après

Sur le domaine de la fondation, près de Rivera, dans le département du Huila, il y a un versant que nous photographions encore et encore depuis les mêmes points de vue. Deux séries d'images existent désormais côte à côte : celle d'avant le début de la restauration, et celle d'après une saison de travail du sol et de plantation. Entre ces deux séries tient l'essentiel de ce que fait, concrètement, notre pilier de restauration écologique.

À quoi ressemblait l'« avant »

Les premières photographies ne sont pas spectaculaires, et c'est en partie le propos. Elles montrent une pente dégradée comme on en trouve dans tout le piémont andin : un sol mis à nu et compacté, une végétation réduite à quelques taches éparses, et la signature reconnaissable de l'érosion — de petites rigoles creusées par le ruissellement, de la terre qui cède là où les racines ne la retiennent plus. Rien, sur ce versant, n'était irrécupérable. Il perdait simplement du terrain, au sens le plus littéral, un peu plus à chaque grosse pluie.

Ce type de dégradation ne s'annonce presque jamais. Il s'accumule en silence. Une pente cesse de retenir l'eau, puis cesse de retenir le sol, puis cesse de porter les plantes qui auraient retenu l'un et l'autre. Inverser cette spirale, parcelle après parcelle, voilà ce que restaurer veut dire.

Le travail

Le travail a été délibéré et sans éclat. Il a commencé par le sol : préparer la pente pour que la pluie ralentisse et s'infiltre au lieu de dévaler en emportant la terre. Stabiliser le terrain est venu avant tout ce qui est vert.

Puis est venue la plantation. Les plants ont grandi à quelques pas de là, dans la pépinière de la fondation, dont les premières planches de semis ont été installées au deuxième trimestre 2025. Des plants d'espèces natives y ont été élevés puis mis en terre sur le versant, et chaque plantation est suivie dans le temps — car mettre un plant en terre est la partie facile ; la vraie mesure du travail, c'est qu'il passe les saisons.

Rien de tout cela n'est allé vite, et rien n'est terminé. Un versant ne se rétablit pas au rythme d'un calendrier de communication, et nous ne prétendrons pas le contraire.

Ce que montrent les photos de l'« après »

La seconde série montre la même pente, cadrée depuis les mêmes points, qui tient. Une couverture verte là où il y avait de la terre nue. De jeunes plants là où le ruissellement creusait des rigoles. Le relief n'a pas changé ; ce qui le couvre, si.

Nous voulons être précis sur ce que ces photographies sont, et ne sont pas. Elles ne sont pas une ligne d'arrivée. La restauration se mesure en années, et une photo d'« après » n'est qu'un jalon : l'image de l'an prochain devra être différente, et meilleure. Ce que les photos montrent, en revanche, c'est une direction : une pente qui perdait son sol le garde désormais.

La restauration, une preuve lente

Dans ce travail, la tentation du spectaculaire existe. Nous lui préférons la répétition : le même versant, les mêmes angles, saison après saison. Des photographies prises ainsi sont difficiles à contester et difficiles à truquer ; c'est exactement pour cela que nous les utilisons.

Elles sont aussi une forme de reddition de comptes. Celui ou celle qui soutient la fondation est en droit de voir ce que devient son soutien — pas en slogans, mais en terrain. Ce journal existe en partie pour cela, et la série du versant en est l'exemple le plus simple : voici à quoi ressemblait la pente, voici le travail accompli, voici ce qu'elle est devenue. La fondation montre son travail ; elle ne le vend pas.

Ce que cela a coûté, et une réserve

En 2025, la restauration écologique a reçu 52 500 USD, soit 35 % des 150 000 USD reçus par la fondation dans l'année — la part la plus importante de tous les piliers. Ce sont des chiffres de gestion pour 2025, non encore audités ; les comptes audités seront publiés une fois la revue achevée, et ce journal y renverra.

Pour donner un ordre de grandeur, une équivalence illustrative fondée sur les coûts de terrain 2025 : environ 20 € correspondent à une douzaine de plants natifs mis en terre et suivis. Un versant est fait de très nombreuses douzaines de ce genre.

Une pente sur un domaine ne restaure pas une vallée. Mais elle démontre la méthode que le pilier applique partout où il travaille : préparer le sol, planter depuis la pépinière, suivre ce qui survit, et photographier honnêtement depuis le même endroit — avant, pendant, après. La prochaine série de photographies est déjà prévue. Nous la publierons aussi.

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